octobre 6, 2025

Wilson

Amortissement en LMNP : définition, avantages et méthode

Le statut de loueur meublé non professionnel permet de bénéficier de l’amortissement. Sa durée varie entre 25 et 40 ans, soit entre 2,5 % et 4 % de la valeur du bien. Toutefois, depuis l’adoption du projet de loi de Finances 2025, les amortissements en LMNP sont réintégrés dans la plus-value.
Concrètement, cela signifie que si l’amortissement reste un levier puissant pour réduire son imposition chaque année, il a désormais un impact direct sur la fiscalité lors de la revente. D’où l’importance de bien comprendre son fonctionnement, ses avantages et ses limites pour adapter sa stratégie d’investissement. Dans ce guide, nous allons détailler pas à pas comment calculer et appliquer l’amortissement LMNP, les dépenses concernées, et les conséquences de la réforme 2025 sur vos projets immobiliers.

Sommaire

Comprendre l’amortissement en LMNP

Le principe d’amortissement en LMNP reprend les bases de la comptabilité générale : il s’agit de constater la perte de valeur progressive d’un bien au fil du temps, de son utilisation et de son usure naturelle. Plutôt que de déduire cette dépréciation en une seule fois, on l’étale sur plusieurs années afin de refléter plus fidèlement la réalité économique. Ainsi, l’amortissement permet de réduire chaque année le revenu imposable tout en continuant à percevoir l’intégralité des loyers, ce qui en fait l’un des avantages fiscaux majeurs du régime réel en location meublée.

Qu’est-ce que l’amortissement LMNP ?

Pour faire simple, l’amortissement LMNP est une sorte de ristourne comptable qui permet d’établir la valeur d’un bien utilisé en location meublée dans le temps. De cette manière, l’investisseur tient compte de la perte de valeur naturelle des éléments du bien : le bâti, les meubles, les installations électriques..etc.

Toutefois, le principe de comptabilité veut que cette perte de valeur ne se traduise pas par une baisse directe de la valeur de l’actif. Elle est enregistrée sous forme de charges réparties sur plusieurs années : c’est ce qu’on appelle l’amortissement. Concrètement, au lieu de constater une dépréciation brutale, on lisse la perte de valeur du bien immobilier, du mobilier ou encore de certains travaux sur leur durée d’utilisation estimée. Chaque année, une fraction de cette valeur est déduite des loyers perçus, ce qui réduit mécaniquement le revenu imposable du loueur en meublé non professionnel.

Pourquoi l’amortissement est-il un atout fiscal ?

L’amortissement en LMNP présente un avantage unique : il permet de réduire fortement son imposition sans avoir à débourser un seul euro supplémentaire. Contrairement à une charge classique comme des travaux ou des intérêts d’emprunt, l’amortissement n’entraîne aucune sortie de trésorerie.

Dans certains cas, ce mécanisme peut même ramener l’imposition à zéro, tout en laissant l’investisseur percevoir la totalité de ses loyers. Et si l’intégralité de l’amortissement ne peut pas être utilisée immédiatement, l’excédent n’est jamais perdu : il est reportable sans limite de temps, ce qui garantit un gain fiscal durable.

Qui peut bénéficier de l’amortissement LMNP ?

L’amortissement en LMNP n’est pas accessible à tous les investisseurs. Pour en bénéficier, il faut avant tout répondre aux conditions qui définissent le statut de loueur en meublé non professionnel. Concrètement, cela signifie percevoir moins de 23 000 € de loyers meublés par an ou, si ce seuil est dépassé, que ces revenus restent inférieurs aux autres revenus d’activité du foyer fiscal. C’est cette distinction qui sépare le LMNP du statut de loueur en meublé professionnel (LMP).

Mais ce n’est pas tout : pour profiter de l’amortissement, il faut obligatoirement opter pour le régime réel d’imposition. Contrairement au micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire de 50 % sans possibilité de déduire les charges réelles, le régime réel permet de comptabiliser toutes les dépenses liées à l’activité… y compris l’amortissement. C’est ce choix fiscal qui ouvre la porte aux avantages de ce mécanisme.

Amortissement LMNP vs Micro-BIC : quel régime choisir ?

Lorsqu’on débute en location meublée, le premier choix fiscal à faire est celui du régime d’imposition. Deux options existent : le micro-BIC et le régime réel. Ces deux régimes ne donnent pas les mêmes droits ni les mêmes avantages, notamment concernant l’amortissement.

CritèreMicro-BICRéel avec amortissement
Seuil de recettesJusqu’à 77 700 €Sans limite particulière
Abattement fiscal50 % forfaitairePas d’abattement, mais charges et amortissements déductibles
Charges réelles déductiblesNonOui (intérêts, travaux, frais, etc.)
Amortissement du bienNonOui
Complexité administrativeTrès simple (pas de comptabilité)Plus complexe (comptabilité obligatoire)
Impact sur l’impositionRéduction limitéeImposition souvent nulle

Le régime micro-BIC : simplicité et abattement forfaitaire

Le régime micro-BIC s’applique automatiquement si vos loyers annuels ne dépassent pas 77 700 €. Avec ce régime, vous n’avez pas besoin de tenir une comptabilité complexe : l’administration applique directement un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes.

Par exemple, si vous percevez 10 000 € de loyers, seuls 5 000 € seront imposés. L’inconvénient est que vous ne pouvez déduire aucune charge réelle (intérêts d’emprunt, travaux, mobilier) ni pratiquer l’amortissement.

Le régime réel : la voie de l’amortissement

En choisissant le régime réel, vous entrez dans une comptabilité plus détaillée. Vous pouvez déduire l’ensemble de vos charges réelles (intérêts d’emprunt, frais de gestion, travaux, mobilier…) et pratiquer l’amortissement.

Résultat : votre revenu imposable peut être réduit drastiquement, voire annulé, ce qui rend ce régime bien plus avantageux à long terme, surtout si vous financez votre investissement à crédit.

Quelles sont les dépenses amortissables en LMNP ?

Toutes les dépenses engagées dans le cadre d’une location meublée ne sont pas amortissables. Seuls certains éléments durables, qui perdent de la valeur avec le temps, peuvent être inscrits à l’actif comptable et déduits progressivement. On distingue trois grandes catégories : le bien immobilier (hors terrain), le mobilier et les équipements, ainsi que certains travaux de rénovation ou d’amélioration.

DépenseAmortissable ?Modalité de traitement
TerrainNonNe perd pas de valeur
Bien immobilier (hors terrain)Oui25 à 40 ans
Frais de notaire / agenceOuiSur la même durée que le bien
Mobilier / électroménager > 500 €Oui5 à 10 ans selon la nature
Mobilier / petit équipement < 500 €NonDéduit immédiatement en charges
Travaux d’entretien courantsNonDéduit immédiatement en charges
Travaux de rénovation/améliorationOui10 à 20 ans selon la nature

Le bien immobilier (hors terrain)

La partie la plus importante de l’amortissement concerne le logement lui-même. Concrètement, c’est le prix d’achat du bien diminué de la valeur du terrain qui peut être amorti. En effet, un terrain ne se déprécie pas et ne peut donc pas faire l’objet d’un amortissement.

Certains frais liés à l’acquisition, comme les frais de notaire ou les frais d’agence, peuvent également être intégrés dans la base amortissable, à condition de respecter les règles comptables.

Le mobilier et les équipements

Tous les meubles et appareils indispensables à l’usage du logement meublé peuvent être amortis : lits, armoires, chaises, table, réfrigérateur, machine à laver, etc. La règle est simple : seules les dépenses supérieures à 500 € HT sont considérées comme amortissables.

Cela vaut aussi bien pour les équipements achetés au moment de l’acquisition du bien que pour ceux remplacés au fil du temps. Chaque achat doit être justifié par une facture, afin de pouvoir être intégré dans le plan d’amortissement.

Certains travaux de rénovation ou d’amélioration

Les travaux représentent un cas particulier :

  • Les travaux d’entretien ou de réparation courante (ex. changement d’un robinet, petite peinture) sont déductibles immédiatement en charges.
  • Les travaux de rénovation ou d’amélioration durables (ex. remise aux normes électriques, réfection complète de la plomberie, isolation) sont inscrits à l’actif et amortis sur plusieurs années.

L’enjeu est donc de bien distinguer les dépenses ponctuelles des investissements durables, car leur traitement fiscal diffère.

Comment calculer l’amortissement en LMNP ?

Le calcul de l’amortissement en LMNP repose sur des règles comptables précises. Il ne s’agit pas d’une estimation “au doigt mouillé”, mais d’un plan rigoureux qui détermine chaque année le montant à déduire de vos revenus locatifs. Ce mécanisme peut sembler technique au premier abord, mais il se résume en quelques étapes simples.

  1. Inscrire les biens à l’actif comptable
    Seuls les éléments inscrits à l’actif du bilan (bien immobilier hors terrain, mobilier, certains travaux) peuvent être amortis.
  2. Déterminer la valeur amortissable
    Pour le bien immobilier, il s’agit du prix d’acquisition hors terrain, auquel on peut ajouter certains frais comme les frais de notaire ou d’agence. Pour le mobilier et les travaux, on retient le prix d’achat TTC.
  3. Choisir une durée d’amortissement adaptée
    Chaque bien possède une durée d’utilisation estimée. Plus la durée est longue, plus le montant déductible chaque année est faible, et inversement.
  4. Établir un plan d’amortissement
    Ce plan répartit la valeur amortissable sur toute la durée choisie. Il fixe ainsi le montant exact qui sera déduit des loyers chaque année.

Quelle durée appliquer selon le type de bien ?

Les durées d’amortissement varient selon la nature du bien. Voici les repères généralement utilisés :

Élément amortissableDurée courante d’amortissement
Bien immobilier (hors terrain)25 à 40 ans
Mobilier et électroménager5 à 10 ans
Travaux de rénovation / amélioration10 à 20 ans

Ces durées peuvent être ajustées par l’expert-comptable en fonction du type de bien et de son usage.

Amortissement par composant : comment ça marche ?

Pour affiner encore le calcul, il est possible de pratiquer l’amortissement par composant. Plutôt que d’amortir le bien immobilier dans sa globalité, on le découpe en plusieurs postes, chacun ayant sa propre durée d’usage.

Par exemple, un immeuble peut être ventilé de la façon suivante :

ComposantPart du prix du bienDurée d’amortissementExemple sur 100 000 €
Structure (gros œuvre)50 %40 ans50 000 € / 40 = 1 250 €/an
Toiture et étanchéité15 %25 ans15 000 € / 25 = 600 €/an
Installations techniques (électricité, chauffage)20 %15 ans20 000 € / 15 = 1 333 €/an
Second œuvre (peintures, sols, finitions)15 %10 ans15 000 € / 10 = 1 500 €/an

Au total, ce découpage permet de déduire 4 683 € d’amortissement par an, au lieu d’un montant unique réparti sur 30 ans.

L’intérêt de cette méthode est double : elle reflète mieux la réalité économique et permet souvent d’optimiser l’amortissement en accélérant certaines déductions.

Exemple pratique de calcul d’amortissement LMNP

Pour bien comprendre le mécanisme, rien de tel qu’un exemple concret. Imaginons un investisseur qui achète un appartement meublé pour 100 000 €. Le prix est ventilé de la manière suivante :

  • Bien immobilier (hors terrain) : 85 000 €
  • Mobilier et électroménager : 10 000 €
  • Frais de notaire et d’agence : 5 000 €

Ces montants seront ensuite amortis selon des durées d’utilisation différentes.

Répartition des amortissements

Élément amortissableMontantDurée d’amortissementAmortissement annuel
Bien immobilier (hors terrain)85 000 €25 ans3 400 €/an
Mobilier et électroménager10 000 €10 ans1 000 €/an
Frais de notaire et d’agence5 000 €25 ans (comme le bien)200 €/an
Total amortissement annuel100 000 €—4 600 €/an

Résultat : quel impact fiscal ?

Chaque année, l’investisseur pourra déduire 4 600 € de ses loyers perçus, en plus des autres charges réelles (intérêts d’emprunt, charges de copropriété, assurance, etc.).

Si ses loyers annuels sont de 10 000 €, l’imposition sera calculée non pas sur 10 000 €, mais sur seulement 5 400 €… voire 0 € si d’autres charges viennent s’ajouter.

C’est tout l’intérêt de l’amortissement LMNP : transformer un revenu locatif imposable en revenu net d’impôt, sans perdre un seul euro de loyers encaissés.

LMNP et financement bancaire : l’impact de l’amortissement sur la rentabilité

L’un des grands atouts du LMNP est qu’il se combine parfaitement avec le financement bancaire. Lorsqu’un investisseur achète un bien à crédit, il bénéficie déjà de la déduction des intérêts d’emprunt et des frais liés au financement. En ajoutant l’amortissement, il devient possible de neutraliser fiscalement les loyers perçus pendant de nombreuses années.

Autrement dit, vos revenus locatifs peuvent être totalement exonérés d’impôt, tout en remboursant le crédit grâce aux loyers. C’est l’effet de levier maximum du LMNP.

Imaginons un investisseur qui achète un appartement meublé à 120 000 € financé par un emprunt :

  • Loyers annuels : 9 600 € (soit 800 €/mois)
  • Intérêts d’emprunt + assurance : 3 000 €/an
  • Charges diverses (copropriété, gestion, entretien) : 1 500 €/an
  • Amortissement annuel (bien + mobilier + frais annexes) : 5 000 €/an

Calcul du résultat imposable :

  • Revenus locatifs : 9 600 €
  • – Intérêts d’emprunt : 3 000 €
  • – Charges : 1 500 €
  • – Amortissement : 5 000 €
    = Résultat imposable : 100 € seulement

Dans la pratique, grâce au report des amortissements excédentaires, l’investisseur n’aura aucun impôt à payer sur ses loyers pendant plusieurs années.

Pourquoi c’est un avantage stratégique ?

Ce mécanisme permet d’augmenter fortement la rentabilité nette après impôt d’un investissement locatif financé à crédit. L’investisseur rembourse la banque avec les loyers perçus, tout en optimisant sa fiscalité. C’est précisément ce qui fait du régime réel en LMNP l’un des plus puissants leviers de création de patrimoine immobilier.

LMNP et SCI : peut-on amortir aussi ?

Le choix de la structure juridique a un impact direct sur la possibilité d’amortir. Selon que vous détenez le bien en nom propre ou via une SCI, les règles fiscales ne sont pas les mêmes.

Forme de détentionAmortissement possible ?Fiscalité sur les loyersFiscalité à la revente
LMNP en nom propreOuiBIC au réel, très avantageuxPlus-value des particuliers (abattements, exonération après 30 ans)
SCI à l’IRNonRevenus fonciers simplesPlus-value des particuliers
SCI à l’ISOuiIS (charges + amortissement)Plus-value des sociétés, sans abattement

Le LMNP en nom propre reste la formule la plus simple et la plus avantageuse pour amortir. La SCI peut avoir un intérêt patrimonial (gestion à plusieurs ou transmission), mais elle demande une vraie réflexion fiscale avant de se lancer.

LMNP en nom propre : accès direct à l’amortissement

En LMNP classique, c’est-à-dire en nom propre, l’amortissement est pleinement accessible. En optant pour le régime réel, vous pouvez amortir le bien immobilier (hors terrain), le mobilier et certains frais. Vos loyers sont imposés dans la catégorie des BIC. Résultat : une imposition fortement réduite, parfois même nulle, pendant plusieurs années.

SCI à l’IR : pas d’amortissement possible

Si le bien est détenu dans une SCI imposée à l’impôt sur le revenu (IR), la règle change. Les loyers sont considérés comme des revenus fonciers. Dans ce cas, l’amortissement n’est pas autorisé. Vous pouvez uniquement déduire les charges réelles : intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux, assurances. La fiscalité est donc moins avantageuse qu’en LMNP.

SCI à l’IS : amortissement autorisé, mais fiscalité plus lourde à la revente

En SCI soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), l’amortissement est de nouveau possible. Mais attention : à la revente, le calcul de la plus-value ne suit plus les règles des particuliers. Il n’y a pas d’abattement pour durée de détention, ce qui alourdit l’impôt final. L’économie réalisée chaque année peut donc être rattrapée lors de la cession.

Ce qui change avec la réforme LMNP 2025

Jusqu’à fin 2024, l’un des grands avantages du LMNP était la possibilité d’amortir le bien tout en conservant une fiscalité très douce à la revente. Les amortissements déduits chaque année n’étaient pas réintégrés dans le calcul de la plus-value. C’est précisément ce point qui change avec la loi de Finances 2025.

PériodePendant la locationÀ la revente
Avant 2025Amortissement = réduction d’impôt immédiatePlus-value calculée sans réintégrer les amortissements
Après 2025Amortissement = réduction d’impôt immédiatePlus-value augmentée du montant des amortissements déduits

Les nouveautés de la loi de finances

Désormais, les amortissements pratiqués pendant la durée de location doivent être réintégrés dans le calcul de la plus-value au moment de la cession du bien.
Concrètement :

  • Pendant la phase de location, vous continuez à réduire fortement vos loyers imposables grâce à l’amortissement.
  • Mais lors de la revente, l’administration fiscale “rattrape” les amortissements déduits en augmentant mécaniquement la plus-value imposable.

L’impact de cette nouvelle réforme selon la durée de détention

Cette réforme change peu de choses pour les investisseurs qui conservent leur bien longtemps. En effet, les abattements pour durée de détention restent applicables :

  • Abattement progressif à partir de 6 ans de détention.
  • Exonération totale après 30 ans.

En revanche, pour un investisseur qui revend son bien après seulement quelques années, la facture fiscale sera beaucoup plus lourde qu’avant 2025.

Durée de détentionAbattement IR (19 %)Abattement prélèvements sociaux (17,2 %)Plus-value imposable sans réintégrationPlus-value imposable avec réintégration
Moins de 6 ans0 %0 %100 % de la plus-value brute100 % de la plus-value brute + amortissements réintégrés
10 ans30 %8,4 %Plus-value réduite d’env. 38 %Plus-value + amortissements, réduite d’env. 38 %
15 ans60 %18 %Plus-value réduite d’env. 78 %Plus-value + amortissements, réduite d’env. 78 %
22 ans100 % (exonération IR)27,1 %Plus-value exonérée d’IR, taxable aux PSPlus-value + amortissements exonérée d’IR, taxable aux PS
30 ans100 %100 %Exonération totaleExonération totale (même avec réintégration)

Quelles catégories d’investissement LMNP sont exonérées de réintégration des amortissements ?

La loi de Finances 2025 prévoit une règle générale de réintégration des amortissements dans la plus-value au moment de la revente. Mais il existe des exceptions : certains biens LMNP échappent à cette obligation.

C’est le cas des résidences services relevant de catégories spécifiques, notamment :

  • Les résidences étudiantes avec services (gestionnaire agréé, prestations minimales comme accueil, ménage, linge).
  • Les résidences seniors ou résidences autonomie, également soumises à un cahier des charges précis.
  • Les EHPAD et établissements médico-sociaux, encadrés par le Code de l’action sociale et des familles.

Dans ces situations, les amortissements pratiqués ne sont pas réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la cession.

En pratique, cela signifie que l’investisseur continue à profiter de l’avantage fiscal de l’amortissement sans contrepartie à la revente. Ces biens offrent donc une protection fiscale renforcée, mais ils impliquent aussi une gestion très spécifique (bail commercial avec un exploitant).

Quels logiciels et outils pour gérer l’amortissement LMNP ?

Le calcul et le suivi de l’amortissement en LMNP peuvent sembler techniques. Heureusement, plusieurs solutions existent pour simplifier la gestion comptable : des logiciels spécialisés, des tableurs adaptés ou encore le recours à un expert-comptable. Chaque option a ses avantages et ses limites.

SolutionAvantages principauxLimites à connaîtrePour qui ?
Logiciels LMNP en ligne (ex. Indy, jedeclaremonmeuble, Amarris Immo)Interface intuitive, automatisation, suivi en temps réelAbonnement payant (15 à 30 €/mois en moyenne)Investisseurs qui veulent tout gérer eux-mêmes avec assistance
Tableurs Excel préformatésGratuit ou peu coûteux, flexible à personnaliserRisque d’erreurs, pas de suivi automatiséPetits bailleurs à 1 ou 2 biens, profils “autonomes”
Expert-comptable spécialisé LMNPSécurité maximale, optimisation fiscale, conseil stratégiqueHonoraires (300 à 700 €/an selon dossier)Investisseurs à crédit, patrimoine en croissance, recherche d’optimisation
Centre de Gestion Agréé (CGA)Accompagnement reconnu par l’administration, parfois moins cher qu’un comptablePlus administratif, moins personnaliséInvestisseurs souhaitant déléguer la partie déclarative

Les erreurs fréquentes à éviter avec l’amortissement LMNP

Bien utilisé, l’amortissement en LMNP est un formidable outil d’optimisation fiscale. Mais certaines erreurs, souvent commises par les débutants, peuvent réduire ses avantages ou entraîner des complications lors d’un contrôle fiscal. Voici les principales à éviter.

Oublier d’opter pour le régime réel

Sans le régime réel, impossible de pratiquer l’amortissement. Beaucoup d’investisseurs restent par défaut au micro-BIC et passent ainsi à côté d’un levier fiscal majeur.

Ne pas distinguer charges et amortissements

Certaines dépenses doivent être déduites immédiatement (charges), d’autres doivent être étalées dans le temps (amortissements). Mal classer une dépense peut fausser toute la comptabilité.

Jeter ou oublier les factures

Sans justificatif, une dépense n’est pas déductible. Les factures de mobilier, d’équipements ou de travaux doivent être conservées précieusement pour justifier leur amortissement.

Négliger la réforme 2025

Depuis janvier 2025, les amortissements sont réintégrés dans la plus-value lors de la revente. Ne pas en tenir compte dans sa stratégie de sortie peut réserver de mauvaises surprises fiscales.

Ne pas se faire accompagner

L’amortissement en LMNP demande une comptabilité rigoureuse. Gérer seul sans logiciel adapté ni expert-comptable augmente le risque d’erreurs et de redressement fiscal.

Questions fréquentes

Comment optimiser son amortissement LMNP sans dépasser les règles fiscales ?

L’amortissement ne doit jamais générer de déficit fiscal. La clé est de bien répartir ses dépenses entre charges immédiates et amortissements, puis de lisser les déductions dans le temps pour prolonger l’avantage fiscal.

Peut-on cumuler l’amortissement LMNP avec le déficit foncier ?

Non. Le déficit foncier s’applique uniquement aux revenus fonciers (location nue). En LMNP, les loyers relèvent des BIC : vous déduisez charges et amortissements, mais vous ne pouvez pas imputer un déficit foncier sur vos revenus globaux.

Que devient l’amortissement LMNP si je passe en LMP (loueur en meublé professionnel) ?

Les amortissements déjà pratiqués restent valides, mais le régime change. En LMP, les règles de plus-value sont différentes et les amortissements peuvent impacter directement le calcul en cas de revente. Ce point nécessite une anticipation comptable fine.

Est-il possible d’amortir un bien LMNP acheté il y a plusieurs années ?

Oui. Si vous basculez au régime réel, vous pouvez amortir la valeur nette comptable du bien au moment de l’inscription à l’actif. La valeur d’origine reste prise en compte, diminuée des éventuelles dotations déjà passées.

Comment traiter fiscalement un bien LMNP revendu avant la fin de son plan d’amortissement ?

En cas de revente, le plan d’amortissement s’arrête immédiatement. Depuis 2025, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value, ce qui augmente l’assiette imposable.

Peut-on amortir un bien en location saisonnière ou Airbnb en LMNP ?

Oui. Dès lors qu’il s’agit de location meublée, l’amortissement s’applique de la même manière. Attention toutefois aux spécificités fiscales (cotisations sociales éventuelles si revenus élevés).

L’amortissement LMNP est-il compatible avec une stratégie de transmission (donation, succession) ?

Oui, mais avec prudence. En cas de donation ou de succession, la valeur fiscale retenue peut être influencée par les amortissements déjà pratiqués. Une stratégie patrimoniale doit être construite avec un notaire ou un expert-comptable.

Que se passe-t-il si je revends mon bien LMNP en dessous de sa valeur d’achat ?

Même en cas de moins-value économique, la fiscalité peut rester lourde si beaucoup d’amortissements ont été pratiqués. Depuis 2025, l’administration réintègre les amortissements dans le calcul de la plus-value, ce qui peut conduire à une imposition malgré une vente à perte.

Peut-on amortir plusieurs biens LMNP de manière indépendante ?

Oui. Chaque bien est inscrit séparément à l’actif comptable avec son propre plan d’amortissement. Cela permet d’optimiser la fiscalité au cas par cas, en fonction de la durée de détention prévue et du niveau de charges.

Est-il possible de changer de méthode d’amortissement en cours de détention (linéaire vs composant) ?

En principe, la méthode d’amortissement choisie doit rester cohérente sur toute la durée. Un changement est possible uniquement en cas de justification économique ou comptable, et il doit être validé par l’expert-comptable.

Voir aussi

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