Beaucoup d’emprunteurs se disent qu’ils feront une bonne affaire en remboursant leur crédit immobilier dès qu’ils le peuvent. Moins d’intérêts, plus de liberté, un prêt en moins à gérer : sur le papier, l’idée semble évidente. Pourtant, dans les faits, ce n’est pas toujours aussi rentable qu’on l’imagine. Entre les pénalités bancaires, la fiscalité, et les alternatives possibles, un remboursement anticipé peut parfois coûter plus qu’il ne rapporte. Cet article vous aide à faire le tri : quand le remboursement anticipé est une bonne stratégie, quand il vaut mieux s’abstenir, et comment calculer précisément le vrai gain avant d’envoyer votre demande à la banque.
D’abord, qu’est-ce qu’un remboursement anticipé de prêt ?
Avant de décider s’il faut ou non rembourser son crédit en avance, il faut comprendre ce que recouvre exactement cette opération. Le remboursement anticipé n’a pas toujours le même impact selon qu’il est total ou partiel, ni les mêmes règles selon la date de votre contrat. Ces nuances changent tout lorsqu’on calcule le vrai gain.
Remboursement total ou partiel : deux logiques bien différentes
Un remboursement total met fin au prêt. Vous restituez l’intégralité du capital restant dû, ce qui stoppe d’un coup le paiement des intérêts et de l’assurance emprunteur. C’est le cas le plus courant lors d’une revente du bien ou d’un rachat de crédit.
Un remboursement partiel, lui, consiste à verser une somme ponctuelle pour réduire votre dette. Vous pouvez alors choisir : soit diminuer la durée du prêt en gardant les mêmes mensualités, soit réduire vos mensualités en conservant la même échéance finale. Ce choix détermine directement votre économie d’intérêts, et c’est souvent là que se joue la rentabilité réelle de l’opération.
Ce que prévoit la loi pour protéger l’emprunteur
Le Code de la consommation garantit à tout emprunteur le droit de rembourser, à tout moment, tout ou partie de son crédit immobilier. La banque ne peut pas s’y opposer, sauf pour un remboursement partiel trop faible — en général inférieur à 10 % du capital initial emprunté.
Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) que la banque peut réclamer sont strictement encadrées : elles ne doivent pas dépasser six mois d’intérêts sur le montant remboursé, ni 3 % du capital restant dû avant le paiement. Ces plafonds s’appliquent à la majorité des prêts à taux fixe ; pour un taux variable, des intérêts compensateurs peuvent s’ajouter.
Les dates à connaître pour éviter les erreurs
Deux repères juridiques sont essentiels. Depuis le 1er juillet 1999, la loi interdit aux banques de réclamer des indemnités lorsque le remboursement anticipé découle d’une mutation professionnelle, d’une perte d’emploi, ou d’un décès de l’emprunteur ou de son conjoint.
Depuis le 1er juillet 2016, les établissements sont également tenus de fournir gratuitement un décompte chiffré à l’emprunteur qui en fait la demande. Ces détails, souvent négligés, permettent d’éviter de payer des frais indus ou de manquer une exonération légale.
Dans quels cas le remboursement anticipé a du sens ?
Rembourser son prêt immobilier avant l’échéance n’est pas toujours un bon calcul, mais dans certains contextes, c’est une décision financièrement solide. Tout dépend du moment, du motif et du coût total de l’opération. Comprendre dans quelles situations cette stratégie est réellement avantageuse permet d’éviter les erreurs de timing ou d’opportunité.
Quand une rentrée d’argent change la donne
Un héritage, une prime exceptionnelle ou la vente d’un autre bien peut offrir l’occasion de solder une partie du crédit. Le réflexe de vouloir s’en débarrasser est naturel, mais il faut d’abord comparer le gain d’intérêts économisés avec le montant des pénalités et l’assurance restante. Si le prêt est récent, les intérêts à venir sont encore élevés, ce qui rend le remboursement souvent intéressant. Plus on avance dans le prêt, plus cette logique s’inverse : la part d’intérêts diminue et l’économie potentielle s’amenuise.
Rembourser après une revente ou lors d’un rachat de crédit
Lors d’une revente immobilière, le remboursement total est presque automatique, puisqu’il est nécessaire pour lever l’hypothèque. Dans ce cas, le coût réel dépend des indemnités de remboursement anticipé (IRA) et de la durée écoulée depuis la signature du prêt. Si l’opération s’inscrit dans un rachat de crédit par une autre banque, il faut aussi intégrer les frais de dossier et de garantie du nouveau prêt. L’intérêt économique se mesure uniquement si le gain de taux compense ces coûts additionnels.
Quand le projet de vie pousse à réorganiser ses finances
Une mutation professionnelle, un départ en retraite ou un nouveau projet immobilier sont souvent l’occasion de revoir l’équilibre financier du ménage. Le remboursement anticipé peut alors servir à libérer de la capacité d’emprunt ou alléger les charges fixes. Il peut aussi éviter d’avoir à gérer un prêt sur un bien qu’on n’occupe plus. L’enjeu, dans ces cas, n’est pas seulement financier mais aussi patrimonial : se replacer dans une situation claire avant de lancer un nouveau projet.
Le bon moment pour agir : pourquoi rembourser tôt change tout
Les premières années d’un prêt sont celles où la part des intérêts dans chaque mensualité est la plus forte. Rembourser à ce moment réduit le coût global de manière significative. À l’inverse, attendre les dernières années revient souvent à économiser très peu, car la majorité des intérêts ont déjà été payés. Sur un emprunt de vingt ans, rembourser au bout de cinq ans peut réduire le coût total de plusieurs milliers d’euros, alors qu’au bout de quinze ans, le gain devient marginal. Le bon réflexe est de demander à sa banque un tableau d’amortissement actualisé avant toute décision, pour mesurer concrètement le bénéfice réel.
Les frais cachés du remboursement anticipé : ce que la banque ne vous dit pas toujours
Rembourser son prêt avant terme ne se limite pas à solder le capital restant dû. Les banques facturent souvent des frais pour compenser la perte d’intérêts, et certains coûts annexes peuvent alourdir la facture sans que l’emprunteur s’en rende compte immédiatement. Comprendre ces mécanismes évite de transformer une bonne idée financière en opération neutre, voire négative.
L’indemnité de remboursement anticipé : le vrai prix de la liberté
L’indemnité de remboursement anticipé (IRA) est la principale charge associée à un remboursement total ou partiel. Elle compense le manque à gagner de la banque sur les intérêts non perçus. La loi encadre strictement son montant : il ne peut pas dépasser six mois d’intérêts calculés sur le capital remboursé, ni 3 % du capital restant dû. Le montant retenu est toujours le plus faible des deux.
Dans les faits, les IRA varient d’un contrat à l’autre, et leur calcul peut sembler opaque. Par exemple, sur un capital de 90 000 € restant dû à un taux fixe de 3,5 %, l’indemnité maximale s’élèverait à 1 575 €. Ces chiffres paraissent modestes isolément, mais additionnés à d’autres frais, ils peuvent réduire fortement le gain espéré.
Quand les particularités du prêt changent la facture
Les prêts à taux variable peuvent entraîner des frais supplémentaires, appelés intérêts compensateurs, destinés à garantir à la banque le rendement prévu initialement. Dans le cas d’un rachat de crédit, l’IRA s’applique presque toujours, même si la banque avait accepté de les supprimer dans d’autres circonstances comme une revente ou une succession.
Certains emprunteurs ayant plusieurs prêts regroupés sous un même contrat découvrent aussi que le remboursement partiel n’est pas libre : la banque décide sur quel prêt appliquer le versement anticipé, parfois au détriment du plus coûteux. Ces détails contractuels font toute la différence dans le calcul final.
Les autres frais souvent oubliés par les emprunteurs
Au-delà des IRA, plusieurs coûts se glissent dans la procédure. Le décompte de remboursement, qui détaille le capital dû et les intérêts restants, est gratuit pour les prêts postérieurs à juillet 2016, mais peut être facturé pour les contrats plus anciens.
Beaucoup oublient aussi de résilier leur assurance emprunteur une fois le prêt soldé, continuant à payer inutilement plusieurs mois de cotisation. Dans certains cas, des intérêts intercalaires s’ajoutent si le versement du remboursement n’est pas aligné sur la date d’échéance, ce qui peut représenter plusieurs centaines d’euros selon le calendrier choisi.
Peut-on négocier ou supprimer les pénalités ?
Une partie des frais se négocie en amont, lors de la signature du prêt. Il est souvent possible d’obtenir une suppression ou réduction des IRA après une certaine durée de remboursement, notamment pour les emprunts de longue maturité.
La loi prévoit aussi plusieurs cas d’exonération automatique : mutation professionnelle entraînant la vente du logement, perte d’emploi, ou décès de l’emprunteur ou de son conjoint. Ces protections s’appliquent aux contrats signés après juillet 1999. Pour les autres situations, seule une négociation directe avec la banque permet de limiter les coûts, idéalement avant de formuler la demande de remboursement.
Comment faire concrètement un remboursement anticipé ?
Le remboursement anticipé d’un prêt immobilier suit une procédure stricte, encadrée par le contrat et la réglementation. L’opération est simple en apparence, mais chaque étape a un impact financier. Une demande mal formulée, un mauvais timing ou une option mal choisie peuvent faire perdre plusieurs centaines d’euros.
Faire la demande à la banque dans les bonnes formes
Le point de départ est une demande écrite adressée à la banque, précisant si le remboursement sera total ou partiel. Ce courrier déclenche la production d’un décompte de remboursement, document qui détaille le capital restant dû, les intérêts en cours et les indemnités éventuelles. Depuis juillet 2016, ce décompte est transmis gratuitement par l’établissement, mais certains contrats plus anciens peuvent encore prévoir des frais.
Le délai de traitement varie selon les banques, souvent entre une et trois semaines. Il faut éviter de verser la somme avant réception du décompte officiel : sans ce document, la banque peut considérer le paiement comme une avance et continuer à facturer des intérêts.
Choisir entre remboursement partiel ou total selon son objectif
Un remboursement total met fin au prêt : plus de mensualités, plus d’assurance emprunteur, mais aussi la perte du levier de crédit si vous comptiez investir à nouveau.
Le remboursement partiel, lui, permet d’ajuster sa stratégie. Vous pouvez demander à la banque de réduire la durée du prêt tout en gardant les mêmes mensualités, ce qui diminue fortement le coût global du crédit. À l’inverse, vous pouvez baisser vos mensualités pour soulager votre budget sans changer la durée.
Le bon choix dépend de votre horizon financier : les profils stables privilégient souvent la réduction de durée, tandis que ceux qui préparent un nouveau projet préfèrent alléger leurs charges.
Le bon timing pour limiter les frais inutiles
Le moment du versement a plus d’impact qu’on ne l’imagine. En réalisant le remboursement juste avant une échéance mensuelle, la banque calcule les intérêts jusqu’à cette date précise. Si le versement arrive en cours de mois, elle peut facturer des intérêts intercalaires pour la période entre la dernière échéance et le remboursement, sans avantage particulier pour l’emprunteur.
Aligner la date de remboursement sur le calendrier du prêt permet donc d’éviter des frais superflus. C’est un détail souvent oublié, mais qui peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économies selon le montant du capital remboursé.
Rembourser ou placer son argent ? Le calcul qui change tout
Quand une rentrée d’argent permet de solder son prêt, la tentation est forte de vouloir s’en libérer. Pourtant, selon le contexte, rembourser peut être moins rentable que placer cet argent. Tout dépend du taux du crédit, du rendement espéré sur d’autres placements et de la fiscalité. Faire ce calcul avant toute décision évite de bloquer inutilement des liquidités qui pourraient mieux travailler ailleurs.
Comparer le taux du prêt avec le rendement réel d’un placement
La première comparaison à faire est simple : le taux du crédit face au rendement net d’un placement sans risque. Si votre prêt est à 1,5 % et que votre épargne génère 3 % nets d’impôts sur un livret ou une assurance-vie, conserver le prêt est plus avantageux financièrement.
Ce raisonnement reste valable même avec des placements plus dynamiques, à condition de maîtriser le risque. Un placement immobilier (SCPI, par exemple) ou boursier peut dépasser largement le coût du crédit, mais il implique une immobilisation longue et une volatilité plus forte. Le choix se fait donc moins sur l’intuition que sur la comparaison entre coût du capital emprunté et rendement attendu de l’argent disponible.
Quand garder le crédit devient plus rentable que le rembourser
Rembourser par anticipation procure une sécurité psychologique, mais prive d’une partie du levier du crédit. En conservant son prêt et en plaçant la somme disponible, il est parfois possible de faire travailler cet argent à un taux supérieur à celui payé à la banque.
Ce scénario est particulièrement pertinent quand les taux d’intérêt du marché sont faibles ou quand le capital restant dû est en fin de cycle, c’est-à-dire que la part d’intérêts dans chaque mensualité est devenue marginale. À ce stade, les économies générées par un remboursement anticipé sont minimes, alors que les placements restent productifs. Le calcul précis doit intégrer la durée restante, le rendement net d’impôt et le profil de risque de l’investisseur.
L’impact de la fiscalité sur la rentabilité du choix
La fiscalité change souvent le résultat du calcul. Les intérêts d’un crédit ne sont pas toujours déductibles, mais quand ils le sont, rembourser par anticipation peut faire perdre un avantage fiscal réel. Dans le cas contraire, les revenus issus d’un placement sont souvent taxés, ce qui réduit leur rendement net.
Il faut donc raisonner après impôt : un placement à 4 % brut soumis à la flat tax (30 %) rapporte 2,8 % net. Si votre crédit coûte 2,5 %, l’écart de gain devient minime. L’analyse doit intégrer ces variables avant toute décision, surtout pour des montants élevés.
Cas pratique : remboursement anticipé et fiscalité locative
Pour un investisseur en LMNP ou en Pinel, le crédit n’est pas seulement un outil de financement, c’est aussi un levier fiscal. Les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus locatifs, ce qui réduit la base imposable. En remboursant par anticipation, on diminue ces charges déductibles et on augmente mécaniquement son impôt.
Un investisseur qui rembourse trop tôt perd donc un double avantage : la déduction fiscale et le levier du crédit. Dans un régime LMNP au réel, par exemple, les économies d’intérêts effacées par la hausse d’imposition peuvent rendre l’opération contre-productive. Avant de solder un prêt locatif, il est indispensable de simuler le résultat fiscal global, pas seulement le gain d’intérêts.
Les erreurs fréquentes à éviter avant de rembourser son prêt
Un remboursement anticipé mal préparé peut réduire à néant le gain attendu. Beaucoup d’emprunteurs se focalisent sur la satisfaction d’être “libre de dettes” sans mesurer les effets financiers ou administratifs de leur décision. Avant d’envoyer la lettre à la banque, il faut repasser en revue quelques points clés qui font souvent basculer le calcul du bon côté… ou non.
Rembourser trop tard, pour un gain presque nul
L’économie générée par un remboursement anticipé dépend directement du moment où il est réalisé. Les premières années du prêt concentrent la majorité des intérêts, alors que la fin du crédit n’en comporte presque plus. Rembourser dans les dernières années revient donc à récupérer très peu par rapport au capital investi.
Sur un emprunt de vingt ans, le gain est maximal avant la dixième année, puis s’amenuise rapidement. Beaucoup d’emprunteurs versent une somme importante en fin de prêt pour “en finir”, sans réaliser que le coût restant est déjà majoritairement constitué de capital. Un simple tableau d’amortissement actualisé suffit à vérifier si l’opération a encore un vrai intérêt économique.
Oublier l’assurance emprunteur
L’assurance continue tant que la banque n’a pas été officiellement informée du remboursement total. Certains emprunteurs soldent leur prêt sans prévenir l’assureur, et continuent à être prélevés pendant plusieurs mois. Il faut donc résilier le contrat d’assurance emprunteur dès que le décompte de remboursement est validé et le solde versé.
Pour un remboursement partiel, le montant assuré reste inchangé, ce qui peut être disproportionné par rapport au nouveau capital dû. Une demande d’ajustement du capital assuré permet alors de réduire la prime mensuelle, tout en maintenant la couverture adaptée au risque réel.
Négliger la négociation des indemnités
Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) ne sont pas figées. Certaines banques acceptent de les réduire, voire de les supprimer, surtout si vous êtes un bon client ou si vous envisagez un nouveau projet avec le même établissement. Ces discussions sont plus efficaces avant le remboursement qu’après le virement.
La négociation est encore plus pertinente lorsque le remboursement suit une revente, une mutation ou un licenciement, puisque ces situations sont souvent exonérées d’IRA par la loi pour les prêts conclus après 1999. Ignorer ces règles revient à payer des frais qui auraient pu être évités.
Rembourser sans comparer les alternatives
Mettre fin à un prêt n’est pas toujours la meilleure option financière. Si le taux du crédit est faible, il peut être plus judicieux de placer la somme disponible sur un support rentable et liquide. Dans certains cas, surtout pour un prêt immobilier ancien, le coût des intérêts restants est inférieur au rendement d’un placement à faible risque.
Avant de solder un emprunt, il faut aussi examiner les conséquences sur la fiscalité et la capacité d’emprunt future. Un prêt en cours bien maîtrisé peut renforcer votre profil auprès des banques, tandis qu’un remboursement anticipé vous prive de liquidités utiles pour d’autres projets. Le bon choix ne se devine pas : il se calcule.
Ce qu’en disent les experts : comment décider objectivement
Le remboursement anticipé d’un prêt immobilier n’est pas une question de ressenti mais de calcul. Les professionnels de la finance insistent sur une approche méthodique : il faut chiffrer, comparer et raisonner en net. Une décision prise sans simulation complète conduit souvent à un gain plus faible qu’espéré, voire à une perte d’opportunité financière.
Une méthode simple pour arbitrer sans se tromper
La première étape consiste à mesurer les économies d’intérêts réellement obtenues. Le tableau d’amortissement indique combien d’intérêts restent à payer sur la durée du prêt. Ce montant représente le gain brut d’un remboursement anticipé.
Il faut ensuite intégrer l’ensemble des frais liés à l’opération : indemnités de remboursement anticipé, frais de décompte, éventuelle perte d’avantage fiscal et coût d’assurance déjà acquitté pour la période en cours.
Enfin, la décision doit se baser sur la comparaison avec le rendement d’un placement alternatif. Si la somme que vous pourriez investir offre un rendement net supérieur au taux de votre crédit, rembourser n’a pas de sens économique. L’objectif n’est pas de rembourser pour “être tranquille”, mais de maximiser la valeur de votre argent dans le temps.
Le regard d’un courtier ou d’un conseiller patrimonial
Un professionnel du financement ou de la gestion de patrimoine apporte une lecture plus large que le simple calcul d’intérêts. Le courtier évalue les conditions du contrat, les marges de négociation possibles sur les IRA et la cohérence du remboursement avec vos projets futurs.
Le conseiller patrimonial, lui, raisonne sur la structure globale du patrimoine : dettes, placements, fiscalité, capacité d’emprunt future. Il peut recommander de conserver le prêt pour profiter d’un effet de levier, ou au contraire de le solder pour sécuriser votre bilan personnel. Leur analyse repose sur des données précises, pas sur des réflexes psychologiques.
Simuler avant d’agir : l’outil qui fait la différence
Un simulateur de remboursement anticipé est indispensable pour visualiser l’impact réel de l’opération. Il affiche le montant des intérêts économisés, les frais à payer et la nouvelle durée du prêt si vous optez pour un remboursement partiel.
Les meilleures simulations intègrent aussi la comparaison avec un scénario d’investissement, en tenant compte de la fiscalité. En quelques minutes, elles révèlent si votre décision crée de la valeur ou non. Avant de solder un prêt immobilier, c’est la seule façon d’avoir une réponse objective, chiffrée et sans biais émotionnel.
Rembourser par anticipation, oui… mais pas sans calculer
Le remboursement anticipé d’un crédit immobilier peut être une excellente opération financière, à condition de le faire au bon moment et pour les bonnes raisons. Trop d’emprunteurs se fient à leur instinct ou à un désir de liberté financière immédiate, sans évaluer précisément l’impact global. Un simple calcul peut pourtant faire la différence entre un gain réel et une perte déguisée.
Quand le remboursement anticipé devient une vraie bonne affaire
L’opération a du sens lorsque le taux du prêt est supérieur au rendement net d’un placement sans risque ou lorsqu’il reste encore plusieurs années d’intérêts à payer. Dans ce cas, réduire la durée du crédit ou le solder entièrement permet de diminuer sensiblement le coût total du financement.
Elle est aussi pertinente pour ceux qui veulent libérer leur capacité d’emprunt en vue d’un nouveau projet immobilier. En remboursant un prêt ancien, on allège son taux d’endettement, ce qui facilite l’accès à un financement futur dans de meilleures conditions.
Enfin, pour un emprunteur proche de la retraite, solder un crédit peut sécuriser son budget et éviter de supporter des charges fixes à long terme.
Quand il vaut mieux garder son crédit et placer son argent ailleurs
Si le taux de votre crédit est faible, inférieur ou proche du rendement net que vous pouvez obtenir sur un placement liquide et sûr, rembourser n’a aucun intérêt économique. L’argent serait mieux utilisé sur un support générant du rendement, tout en conservant la flexibilité d’une épargne disponible.
C’est particulièrement vrai pour les investisseurs locatifs, qui bénéficient d’un effet de levier fiscal grâce à la déductibilité des intérêts d’emprunt. Dans ce cas, rembourser par anticipation revient à réduire artificiellement la rentabilité du projet. Mieux vaut donc arbitrer en fonction de la performance nette de chaque euro engagé.
Préparer sa demande à la banque pour éviter les mauvaises surprises
Avant d’agir, il faut demander un décompte précis à la banque mentionnant le capital restant dû, les pénalités et la date optimale de versement. Faire coïncider le remboursement avec la prochaine échéance mensuelle limite les intérêts intercalaires.
C’est aussi le moment d’interroger la banque sur la possibilité de réduire ou supprimer les indemnités de remboursement anticipé. Certaines les annulent après une certaine durée de remboursement, ou dans les cas prévus par la loi (mutation, licenciement, décès). Une préparation rigoureuse et quelques négociations ciblées suffisent souvent à transformer un bon calcul financier en excellente opération patrimoniale.
Questions fréquentes
FAQ : tout ce qu’il faut savoir avant un remboursement anticipé de prêt immobilier
Faut-il prévenir le notaire en cas de remboursement anticipé après la vente d’un bien ?
Oui, si le remboursement intervient à la suite d’une vente immobilière, le notaire joue un rôle central. C’est lui qui gère le virement du prix de vente vers la banque pour solder le prêt et lever l’hypothèque. Le remboursement anticipé est alors automatique et inclus dans l’acte de vente. Le notaire vérifie aussi que le décompte fourni par la banque est exact avant de procéder au versement. Sans cette étape, la vente ne peut pas être finalisée.
Peut-on rembourser par anticipation un prêt à taux zéro (PTZ) ?
Le prêt à taux zéro (PTZ) peut être remboursé de manière anticipée, partiellement ou totalement, comme tout autre crédit. Il n’y a aucune pénalité prévue par la loi, puisque ce prêt est sans intérêt. En revanche, il ne peut pas être dissocié d’un autre prêt lié au même projet immobilier : si vous remboursez le prêt principal, le PTZ doit souvent être soldé en même temps. Il est donc essentiel de vérifier les conditions précises dans l’offre initiale.
Le remboursement anticipé a-t-il un impact sur le score de crédit ou la capacité d’emprunt future ?
Rembourser un crédit immobilier n’a pas d’impact négatif sur votre score de crédit. Au contraire, cela montre une gestion financière saine. En revanche, il faut savoir que supprimer un prêt ancien peut réduire votre historique de remboursement, un élément que certaines banques apprécient pour évaluer la fiabilité d’un emprunteur. Par ailleurs, un remboursement anticipé améliore le taux d’endettement, ce qui peut renforcer votre dossier pour un futur emprunt.
Peut-on faire un remboursement anticipé si le prêt est assorti d’une hypothèque ou d’un privilège de prêteur de deniers (PPD) ?
Oui, mais il faut compter sur un frais de mainlevée si le prêt est garanti par une hypothèque ou un PPD. Ces frais correspondent à la levée de la sûreté sur le bien, nécessaire pour clôturer le prêt. Ils sont généralement compris entre 0,5 % et 1 % du capital remboursé, et peuvent être réglés directement chez le notaire au moment de la vente ou sur demande spécifique à la banque. C’est un coût souvent oublié dans les calculs.
Peut-on faire un remboursement anticipé si on a plusieurs coemprunteurs ?
Lorsque le prêt est contracté à plusieurs, toute décision de remboursement anticipé doit être acceptée par l’ensemble des coemprunteurs. La demande adressée à la banque doit donc être signée conjointement. En cas de séparation ou de succession, un seul emprunteur peut racheter la part de l’autre en réalisant un remboursement partiel, mais cela suppose un avenant au contrat de prêt et parfois une réévaluation de la capacité financière par la banque avant validation.